LAURENT DELAOUSSE NOUS ÉCRIT

LAURENT DELAHOUSSE NOUS ÉCRIT

Surprise dans la boîte aux lettres de Moins une ! Une huile du journalisme de service public a pris le temps de nous écrire pour se pencher sur le cas de notre modeste canard. Dix jours après son interview « mi-debout / mi-couché » (Lire ici) au Président de tous les Français sur France 2, Laurent Delahousse a décidé de répondre aux critiques et en profite pour distiller quelques conseils aux petits journalistes de Moins Une.   

 

 

Lettre à l’attention du comité éditorial de Moins Une,

 

Si vous savez qui je suis, moi, je découvre à peine qui vous êtes. Vous l’avez certainement compris à l’odeur de jasmin qui se dégage de l’enveloppe et à la tâche de crème hydratante qui a coulé sur mon papier à lettre à entête France 2, je suis Laurent Delahousse.

J’ose à peine me présenter pour ne pas faire insulte à votre intelligence. Je dois vous faire une confidence : je souffre un peu de mon image de « beau gosse du PAF ». Je préfère donc vous renvoyer à cet article qui rend (enfin) hommage à mon parcours de journaliste d’investigation (Lire ici)

Au contraire de votre feuille de chou groupusculaire, je ne me cache pas derrière un pseudos tiré de la bande dessinée Tintin (Messieurs Souchon et Dépretz se reconnaîtront). C’est en plein jour, à la lumière du débat public, que je vous écris.

Mon attention sur votre journal a été portée par une mauvaise blague lue sur le web, un jeu de mot ras les pâquerettes lancé par la personne qui gère votre compte twitter. Celui-ci a cru bon de travestir mon nom en « DelaMousse ». Croyant en la bonne foi de l’Être humain, j’ai d’abord pensé à une faute de frappe. Mais le M étant séparé de trois lettres du H, j’ai dû me résoudre à voir en votre journal un titre qui manipule l’insulte comme moi, parfois, la question psychologisante.

Je le confie donc à travers ces lignes, c’est très enquiquiné que j’ai traversé tout Paris en taxi-moto, jusqu’au métro Crimée dans le 19ème, pour trouver un exemplaire de ce qui s’avère être, disons-le franchement, un torchon.

Dans vos petites réunions de rédaction, vous moquez avec une bienpensance consternante, ma tentative de renouveau de l’interview présidentielle, le dimanche 17 décembre sur Antenne 2 face à Emmanuel Macron. Mais, croyez-le ou non, me promener dans les couloirs de l’Elysée avec le Président m’a donné le sentiment d’être au plus proche des français. E. Macron est un type direct, à l’américaine. Alors je me suis inspiré de Jacky Kennedy en février 1962 qui ouvrait les portes de la Maison Blanche à la télévision américaine pour parler art et déco intérieur. Un grand moment de télévision ! 

Vous qui êtes si prompts à fustiger les médias que vous appelez « dominants », sachez déjà une chose : ce que vous faites dans vos pages est complètement hors d’âge. Sur la forme justement : la qualité du papier se rapproche plus du PQ de camping que des douces pages glacées de FHM, mon magazine préféré (celui de l’homme moderne).

Vos dessins sont crayonnés à la main, tout dégoulinants, mais enfin… qui fait encore ça ? L’ère du dessin assisté par ordinateur bat aujourd’hui son plein, renseignez-vous bon sang ! Et d’ailleurs en parlant de nouvelles technologies, je me suis baladé sur votre site web, ça manque cruellement de Gifs, d’articles qui commencent par « les douze fois où… » ou de classements vite lus bien lus. Faut y aller mes petits gars, faut créer du flux, faut que ça clique…

Mais je préfère mettre tout ça sur le compte de l’amateurisme. Ce genre d’erreur est commune chez les débutants et j’ai finalement pour vous l’empathie que j’ai pour un Bernard Tapie cancéreux lorsque je l’ai rencontré le 19 novembre dans le cadre de mon émission « 19h le dimanche » (il est toujours en replay, si vous savez comment fonctionne l’internet).

Comment comprendre, même avec toute la bonne volonté du monde, votre ligne éditoriale, vos positions de pseudo-révolutionnaires, votre agressivité, votre mauvaise foi ? Vous vous dites journal de combat, mais votre bataille est finie, le grand soir n’est jamais venu. Le seul qui arrive à rassembler 6 millions de personnes après 20h50, c’est ma pomme.  Posez-vous des questions ! Si vous voulez toucher les gens, optez plutôt pour la mèche brushée de cheveux, le sourire émail diamant et la cool-attitude. Et arrêtez les grands discours qui lassent les gens, misez plutôt sur des questions intimes. Sortez de l’adolescence, l’humanité est complexe camarade 🙂

On me dit pro-macronien. Pas du tout. Je pense juste que derrière chaque Être humain, se cache une histoire à raconter, des cris étouffés qui méritent d’être écoutés. Ce n’est pas parce qu’on est Président de la République que l’on n’a pas d’angoisses qui nous assaillent la nuit. C’était le sens de ma question au leader du monde libre quand je lui ai demandé « s’il dormait très peu ». Non, je ne me suis pas écrasé face au pouvoir comme vous aimez le penser. C’est une question à laquelle les français veulent avoir une réponse. Comment un homme normalement constitué comme vous et moi peut-il faire preuve d’une telle capacité de travail au service de la France ? Comprendre une politique c’est avant tout essayer de comprendre l’être humain qui la mène. Et c’est là que j’interviens : c’est ce que j’ai fait dimanche dernier.

« Il vous obsède ce temps qui passe ? » lui demandai-je. Même principe : je tape là où l’homme de pouvoir est à nu, est comme vous et moi, son rapport à la mort…

Et puis, Emmanuel Macron est quand même philosophe, il faut savoir se mettre à son niveau (c’est une des premières choses qu’on vous apprend en école de journalisme, un lieu que vous ne semblez pas avoir beaucoup fréquenté). Ecouter sans juger, je dirais que ça a été le maître mot de ma carrière d’interviouveur. « Un jour, un destin », mon travail au 20H…partout, c’est l’humain qui me touche.

Mais non, pour vous, le puissant est forcément un méchant, le possédant forcément un exploitant… Permettez-moi de vous dire que vous êtes des ringards. Je vais essayer de prendre un exemple clair pour que vous compreniez.  

Vous vous rendez en Tunisie (Lire ici) pour rencontrer des ouvriers soit disant exploités et mis en danger par leur patron. Pour moi, le sujet n’est pas là. Changez de focale. Peut-être que leur patron est très malheureux aussi de leur faire endurer cela ? Est-ce que vous lui avez seulement posé la question ? Peut-être qu’il en a perdu le sommeil tout comme notre Emmanuel national ? Mais ça, vous n’y pensez même pas, obsédés que vous êtes par dresser les gens les uns contre les autres.

Vous prétendez être le premier journal alliant syndicalistes et reporters, mais c’est déjà-là un manque criant d’objectivité. On ne vous a rien appris en école de journalisme ? 5 minutes pour les uns, 5 minutes pour les autres. Le journalisme n’est pas un tribunal. Dans vos pages, qui donne la parole à ces hommes et ces femmes qui font la France de demain ? Jetez plutôt un coup d’œil aux reportages sur les espaces de « coworking » et aux jeunes cadres dynamiques qui ont monté leurs boîtes que j’ai eu le plaisir de présenter en mars, avril, mai, juin, septembre, octobre, novembre 2017.

En fin de compte et après en avoir parlé avec les gens qui m’entourent, des journalistes aguerris, qui comme moi ont interviouvé les grands décideurs mondiaux, Line Renaud, Carla Bruni, Thomas Pesquet, Raphaël Enthoven, je pense que vous êtes simplement jaloux. Votre haine pour des gens comme moi qui avancent malgré le fiel de leurs contemporains, vous confise dans vos certitudes de soixante-huitards attardés. Votre journalisme est mort, réagissez-vite !

Vous avez peut-être encore le temps de changer, vous n’en êtes qu’à votre premier numéro. Alors prenez en main le jour de votre destin… Et rappelez le message envoyé par Emmanuel Macron lors de mon interview sur le vif : « n’ayez pas peur de toutes ces révolutions que je vous propose. »

Laurent Delamousse (Humaniste et Présentateur du 20h de France 2, 60% de part d’audience)

Réponse de Moins Une :

L’équipe de Moins Une est très honorée. Merci pour ces conseils. On va voir comment on les applique. Cordialement.

NDLR : Hélas, ce courrier est bel et bien imaginaire. Moins Une aurait adoré recevoir une leçon de journalisme de la part du grand Laurent Delahousse.

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